La cohésion de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) est de nouveau mise à l’épreuve. Ce 11 juillet, lors de la deuxième session ordinaire du Conseil des ministres tenue à Lomé, au Togo, les délégations de l’Alliance des États du Sahel (AES) — regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger — ont brusquement quitté la table des négociations. Ce retrait fracassant fait suite à un profond désaccord concernant la présidence tournante de l’instance.
Une question de principe et de textes
Le point de friction majeur réside dans la désignation du nouveau président du Conseil des ministres de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA). Selon les textes régissant l’organisation et le principe de rotation par ordre alphabétique, cette fonction de coordination devait légitimement revenir au Burkina Faso.
Cependant, l’absence de consensus lors des discussions à huis clos a empêché la passation de pouvoir attendue. Face à ce qu’elles considèrent comme une violation des textes communautaires, les délégations burkinabè, malienne et nigérienne ont choisi la politique de la chaise vide en guise de protestation, marquant ainsi une solidarité sans faille au sein du bloc de l’AES.
Le spectre des tensions diplomatiques
Ce blocage n’est pas une surprise pour les observateurs de la sous-région. Depuis plusieurs jours, des échos médiatiques faisaient état de vives tensions entre Ouagadougou et Abidjan. La Côte d’Ivoire aurait manifesté des réserves quant à l’accession du « Pays des Hommes intègres » à la tête de cet organe stratégique qui supervise, entre autres, la politique monétaire liée au franc CFA.
Ces divergences cristallisent le fossé diplomatique qui se creuse entre les États de l’AES, engagés dans une transition souverainiste, et d’autres poids lourds de l’UEMOA restés proches des instances traditionnelles de la CEDEAO.
Un avenir incertain pour l’intégration régionale
Ce nouvel incident soulève des interrogations sur la viabilité à long terme de la coopération monétaire au sein de la zone. Alors que l’UEMOA se veut un modèle d’intégration réussie, l’incapacité des États membres à s’accorder sur des procédures administratives de routine témoigne d’une crise de confiance profonde.
Pour l’heure, les travaux de cette session de Lomé se poursuivent dans une atmosphère de crise, tandis que le poste de président du Conseil des ministres reste au cœur d’un bras de fer politique.
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