La Police nationale a officiellement lancé, ce mercredi 18 mars 2026 à Bobo-Dioulasso, dans la région du Guiriko, une nouvelle unité de police communautaire dénommée « Siguignogo », qui signifie « voisin » en langue dioula. Cette initiative s’inscrit dans une volonté de transformation des méthodes d’intervention des forces de sécurité, avec un accent particulier sur la proximité et la prévention.
Le Commissaire divisionnaire Voubi Ziba, directeur régional de la police du Guiriko, a expliqué que cette approche vise à rapprocher durablement la police des populations, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires de plus en plus complexes.
Selon lui, la croissance démographique soutenue, l’urbanisation rapide et souvent non maîtrisée, ainsi que la diversification des formes de criminalité – allant de la petite délinquance aux réseaux organisés – rendent la gestion de la sécurité plus exigeante. À ces facteurs s’ajoute la menace terroriste, dont les effets, notamment les déplacements internes de populations et la montée du sentiment d’insécurité, accentuent la pression sur les forces de défense et de sécurité.
Face à cette réalité, la Police « Siguignogo » se veut une réponse adaptée, reposant sur une approche préventive, participative et centrée sur les communautés. Elle privilégie l’écoute active, la sensibilisation et la collaboration avec les citoyens, en complément des missions classiques de maintien de l’ordre.
Dans ses missions, cette unité entend instaurer un dialogue permanent entre la police et les populations, afin de mieux cerner les préoccupations sécuritaires propres à chaque quartier. Elle sera également chargée de mener des actions de sensibilisation ciblées, en fonction des réalités locales, notamment sur les questions d’incivisme, de violences urbaines ou encore de délinquance juvénile.
Au-delà de la simple présence sécuritaire, « Siguignogo » ambitionne de renforcer la coproduction de la sécurité, en impliquant activement les citoyens dans la prévention des risques. L’objectif est de construire une relation de confiance durable, susceptible d’améliorer la circulation de l’information et le renseignement de proximité — un levier clé dans la lutte contre l’insécurité.
Le Commissaire divisionnaire Voubi Ziba a par ailleurs indiqué qu’une phase pilote du dispositif est en cours depuis le 24 février 2026 dans l’arrondissement 6 de Ouagadougou. Cette expérimentation doit permettre d’évaluer l’efficacité du modèle, d’identifier les ajustements nécessaires et de définir les modalités de son extension progressive à l’ensemble du territoire national.
Sur le terrain, les agents de la Police « Siguignogo » seront déployés au cœur des espaces de vie : quartiers, marchés, concessions familiales et établissements scolaires. Leur mission consistera à échanger directement avec les populations, recueillir leurs préoccupations et apporter des réponses adaptées, dans une logique de prévention et d’anticipation.
S’adressant aux citoyens, les responsables policiers ont insisté sur la nécessité d’une appropriation collective de cette initiative. Ils estiment que la participation active des populations constitue un facteur déterminant dans l’efficacité du dispositif.
Présidant la cérémonie de lancement, la Gouverneure de la région du Guiriko, Mariama Konaté, a salué une initiative « en phase avec les réalités actuelles ». Elle a souligné que cette unité permettra de renforcer la confiance entre les forces de sécurité et les populations, tout en apportant des réponses plus rapides et mieux adaptées aux préoccupations locales.
Pour sa phase de démarrage, la Police « Siguignogo » est composée d’une cinquantaine d’agents. Un effectif appelé à évoluer progressivement, en fonction des besoins opérationnels et des enseignements tirés de sa mise en œuvre. Le dispositif se veut ainsi flexible, évolutif et ancré dans les réalités du terrain, avec pour ambition de devenir un pilier de la stratégie sécuritaire nationale.
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