Dans un contexte où la crise sécuritaire continue de bouleverser le quotidien des populations du Sahel, la culture s’affirme comme un espace de résilience et de dialogue. À Ouagadougou, le Théâtre du Cartel ouvre sa saison théâtrale 2026 avec Sous les manguiers, une adaptation libre du roman Le Dîner de Cons de Francis Veber, mise en scène par Tony Ouédraogo.
À travers cette œuvre, le metteur en scène livre une réflexion sur les rapports humains, les préjugés et la nécessité de préserver les valeurs de solidarité dans une société confrontée à de multiples défis.
« Nous avons choisi l’œuvre Le Dîner de Cons de Francis Veber parce que d’abord c’est une comédie. Nous avons voulu ramener la comédie dans le paysage théâtral du Burkina Faso parce qu’on se dit que ça pouvait être une bouffée d’air frais pour permettre aux amateurs et passionnés de théâtre de pouvoir se divertir. Une façon pour nous de dire aussi que nous sommes résilients, nous restons debout. Parce que c’est le mode de vie que les terroristes qui nous attaquent ne veulent pas que nous ayons », explique Tony Ouédraogo, metteur en scène.
Pour donner vie à cette création, Tony Ouédraogo s’est entouré de jeunes comédiens talentueux et d’une équipe technique capable de traduire avec justesse les émotions des personnages, grâce à une scénographie soignée et une mise en scène dynamique. Le professionnalisme des acteurs, la cohésion et la qualité de l’interprétation ont conquis un public venu nombreux, avec comme invitée spéciale de la soirée l’école de la police nationale.
« On a regardé un beau spectacle, c’est du talent pur. C’est une belle performance des acteurs et aussi le scénario, qui a été très bien adapté. Dans notre contexte, en tant qu’Africain et Burkinabè, je pense que c’est un spectacle de waouh. On a tellement de problèmes que si on décide d’en parler, on ne s’en sortira pas et, ce spectacle-là permet de souffler, de respirer », se réjouit Oliva Ouédraogo, comédienne et spectatrice pour cette soirée-là.
Véritable rendez-vous des arts vivants, la saison du Cartel, portée par la Fédération du Cartel, confirme ainsi son rôle dans la promotion de la création burkinabè à travers le théâtre, les contes et la musique, malgré les défis que traverse la région.

